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LA SPHERE
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Les sphères
La sphère, écrit Platon dans le Timée, est « de toutes les figures, la plus parfaite et la plus semblable à elle-même ». La sphère est une forme géométrique simple dont le monde qui nous entoure offre de nombreux exemples. Elle paraît banale et, à première vue, on pourrait se demander ce qu’il peut bien avoir a dire à son propos. Mais sous le concept familier de sphère se cache un objet aux « multiples » facettes mathématiques et physiques. Du point de vue de la géométrie euclidienne, la sphère est l’ensemble des points de l’espace à trois dimensions qui se trouvent a à la même distance d’un point fixé. Pour la définir, ne sont donc requis que la donnée d’un point, son centre, et de son rayon. Les sphères sont impliquées dans de nombreuses questions d’optimisations, comme le problème de l’empilement le plus compact de sphères, c'est-à-dire qui laisse le moins d’interstices entre elles (c’est la conjecture de Kepler, et elle vient juste d’être démontrée) ; et aussi celui d’inégalité isopérimétrique, c'est-à-dire le fait que la sphère est le solide qui a le volume maximal pour une surface donnée. Cette affirmation est appelée théorème de Didon, à cause d’une légende grecque. Le théorème
de Didon
Si la démonstration paraît assez simple dans le plan, elle est bien plus ardue dans l’espace, car en fait, dans le plan, la longueur d’une courbe est simplement la limite des périmètres des polygones inscrits dans la courbe quand on augmente le nombre de côtés. En revanche, dans l’espace, la notion d’aire d’une surface générale n’est pas facile à modéliser, et, pour les domaines d’un certain type, l’inégalité isopérimétrique devient fausse. Si on considère des domaines convexes, la démonstration de l’inégalité isopérimétrique devient plus facile, mais l’unicité reste difficile. Avant tout, in faut définir l’aire de surface. Pour les formes convexes, il suffit de faire des approximations par des polyèdres, l’aire est alors la limite des surfaces des polyèdres inscrits quand on augmente le nombre de faces. La démarche de Steiner pour démontrer l’inégalité isopérimétrique consiste à symétriser le solide par rapport à un nombre croissant de plans, comme nous l’avons fait plus tôt dans le plan. On montre ainsi que le volume est préservé, que l’aire ne peut que diminuer, et que finalement il y a forcément un objet limite, qui est nécessairement la sphère. Le problème de cette manière de faire, c’est qu’on ne prouve pas le fait que la sphère soit le seul objet pour lequel l’égalité est établie. Il s’avère que la seule manière de démontrer rigoureusement l’inégalité isopérimétrique, c’est d’utiliser la théorie géométrique de la mesure, qui permet notamment de prouver, car on ne l’a pas fait jusque là, qu’il existe des objets qui ont le volume maximal pour une surface donnée. A notre niveau, on peut déjà comparer
par exemple le rapport entre la surface et le périmètre d'un
cube d'une sphère :
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